Téléphone
+33 6 98 54 14 28
Contact
atelier@kokocabane.com
Info

Lun-Dim, 9.00-18.00

Directions

13 bis rue saint maur

75011 paris

13 bis rue saint maur

75011 paris

Lun-Dim, 9.00-18.00

· · Commentaires

Connais-toi toi-même, un défi éducatif

· · Commentaires

Apprendre à bien se connaître est un savant mélange d’intuition, de bon sens, de discernement et de refus. D’intuition car on naît avec soi-même, on se connaît depuis toujours, on sait naturellement ce que l'on aime et ce que l'on n’aime pas. De bon sens, car notre nature ne ment pas, c’est une évidence. On pourrait donc penser que les enfants se connaissent parfaitement bien. Oui mais... Il y a les autres. Les parents, les amis, la société.

Faire le tri de soi

La connaissance de soi peut être floutée par la volonté de se conformer aux autres, aux codes, mais aussi aux tendances ou aux modes. D’où la nécessité d'apprendre à discerner et à refuser. Car ce qui est bon pour quelqu'un ne l’est pas nécessairement pour soi - et inversement.

L’adhésion sociale

L’espèce humaine vit en société et toute personne doit composer entre le bien-être individuel et le collectivement correct.

Jusqu’à 3 ans, un enfant élabore consciencieusement un grand travail de compréhension du monde qui l’environne: les codes, la culture, les usages, puis il en détermine des pratiques sociales auxquelles se référer dans la vie courante. Cette conscience sociale est primordiale pour une bonne adaptabilité et une bonne capacité à bien vivre ensemble.

Le glissement vers le conformisme

Nous glissons de l’adhésion sociale vers le conformisme lorsque nous modifions notre comportement et nous calquons sur celui d’un groupe dans le but d’obtenir une approbation externe.

Le risque individuel du conformisme est de se couper se soi, de ses besoins ou de ses convictions. Le risque collectif du conformisme est la perte de diversité et de créativité d’un groupe.

Chez les enfants, la sensibilité aux autres et à la “norme” est très forte pour les raisons expliquées précédemment, mais aussi parce que cela est rassurant. Le sentiment d’appartenance est indispensable au bien-grandir des enfants car il est étroitement lié au sentiment de sécurité intérieure. Il est courant que les enfants pointent l’originalité du doigt ou s’en détournent.

Les enfants ont donc une nette tendance à être conformistes. Une étude* de 2011 montre que sur un groupe de 24 enfants de 4 ans, 18 d’entre eux ont donné une réponse fausse à la question posée en public pour coller à la majorité, alors que seulement 8 d’entre eux ont donné une réponse fausse à la question quand celle-ci était posée dans le cadre de l’anonymat.

Le rôle de l’éducation dans tout ça?

Le rôle des parents est avant tout d’avoir conscience de cet équilibre précaire entre le besoin grégaire de l’enfant et la tendance au conformisme, pour régulièrement inviter son enfant à agir suivant ses besoins personnels à son rythme.

Vanter la diversité

S’abstenir d’ériger en vérités des opinions ou valeurs personnelles et s’ouvrir à la pluralité des perceptions. Accueillir les désaccords et les divergences dans une atmosphère apaisée, même au sein de votre famille, elle n’en sera que plus forte.

Dénoncer les stéréotypes

Parce qu’ils sont souvent insidieux et tellement ancrés dans nos cultures, qu’ils se propagent à toute allure chez les enfants. N’ayez pas peur de montrer ce qui ne se voit plus tant on en est imprégné.

Tout sujet de société qui relate une discrimination ou une différenciation mérite d’être discuté avec son enfant. Cela va de la couleur des t-shirts (le rose, le bleu…) à la couleur de la peaux (existe-t-il vraiment deux visages humains de la même couleur?) en passant par les différences de goûts, de genres, les choix politiques, amoureux ou sexuels des uns et des autres. La tolérance s’enseigne et l’éducation est le seul rempart aux fléaux des extrêmes et des ségrégations.

Apprendre à dire non

Apprendre à dire “non” s’initie dès l’enfance; cela suppose de laisser la possibilité à son enfant de dire non et de respecter ses choix tant qu'il n’a pas d’incidence sur d’autres personnes que lui/elle.

Encourager le libre-arbitre

Le libre-arbitre est la garantie de rester aligné.e à soi, sans tomber sous l’influence d’une personne extérieure ou un groupe; il nécessite la force suffisante pour se distancier d’un contexte et ne peut exister sans le développement du sens critique. Il s’accompagne d’une maturité de caractère.

Se connecter à soi

Se connaître soi-même, même si c’est intuitif, demande une connexion à soi, un développement de sa vie intérieure. Cela peut passer par la respiration et la prise de conscience de ses émotions, en valorisant l’intuition de son enfant et pas seulement son raisonnement logique.

Faire émerger son essentiel

Il est possible d’aider son enfant à découvrir ce qui lui est essentiel et que chacun possède ses propres besoins: pour l’un faire du tennis est essentiel alors que pour un autre, lire beaucoup est indispensable même si cela nous semble inconcevable.

Voici une activité à faire en famille, dès 4 ans:

Matériel:

  • Une grande feuille de papier (format A3 idéal) par personne
  • Une feuille de brouillon
  • Un crayon par personne
  • Des feutres

Activité Mes essentiels

Cette activité permet de comprendre que nous accordons 3 niveaux d’importance aux choses:

  • l’essentiel est ce dont nous ne pouvons nous passer pour notre bien-être
  • l’utile est ce qui contribue à notre bien-être mais dont nous pouvons nous passer
  • le futile est ce qui ne contribue pas directement à notre bien-être et dont on peut se passer

1- Définir les 3 niveaux de nécessité avec votre enfant et les illustrer avec des exemples;

2- Sur une feuille de brouillon, listez toutes les activités, loisirs, personnes qui font partie de votre quotidien et ceux qui ne font pas partie de votre quotidien mais que vous aimeriez intégrer;

3- Si votre enfant sait écrire et est assez mature pour engager une réflexion seul, invitez-le à répartir tout ce que vous avez listé dans les 3 catégories Essentiel/Utile/Futile;

Dans le cas où votre enfant est trop jeune pour réfléchir et écrire seul, accompagnez-le dans sa répartition;

4- Faites l’exercice de votre côté;

5- Partagez vos résultats et vos avis respectifs puis engagez-vous à donner de la place en priorité à vos essentiels dans votre vie;

6- Chacun sur sa feuille A3 dessine un gros cœur central et note tous ses éléments personnels qui sont ses essentiels.

Cet exercice peut être fait une fois par an, car les essentiels peuvent changer au gré des rencontres et des découvertes.


*Etude de l’institut Max Planck (D.Haun et M.Tomasello, Leipzig)