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Et si on éduquait en jouant ?

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L’éducation fait trop souvent l’objet de sérieux, de leçon, de morale, de devoir. Mais une autre voie existe, celle du jeu, du rire et de la joie. On grandit mieux ensemble en se marrant, non?

Pourquoi jouer avec son enfant contribue à son éducation?

Le rapport au jeu est multiple pour chacun d’entre nous. Il y a ceux qui jouent pour gagner, ceux qui jouent pour s’amuser, ceux qui jouent pour participer, ceux qui jouent pour apprendre et progresser… Pour éclairer certains de nos comportements, rien de tel que de jeter un oeil chez nos amis les animaux.

L’analyse comportementale des animaux montre que le jeu contribue au développement individuel des jeunes, favorise la fonction adaptative à son environnement et facilite l’émergence des compétences sociales et cognitives. Le jeu a donc pour fonction principale la fixation d’habiletés propres à une espèce.* Le comportement de jeu est souvent très proche du comportement naturel des animaux mais se différencie par le contexte spécifique que crée l’individu lui-même.

Et s’il en était de même chez les humains?

Le jeu, une activité sans but?

En tant que parent, nous avons tendance à confondre jeu et divertissement, dans le sens où le divertissement détournerait d’une réalité ennuyeuse pour s’amuser. Pourtant chez les enfants, le jeu s’ancre dans la réalité: une réalité sociale marquée par les échanges qu’il suscite mais aussi par la mise en avant des valeurs sur lesquelles il se fonde. Chez les enfants, le jeu n’a pas nécessairement de but direct dans l’obtention d’une issue, d’un résultat ou d’un score; il peut être libre et continu. Toutefois, si votre enfant joue, c’est dans un but bien précis que la nature a prévu pour lui.

De façon tout à fait inconsciente et de manière analogue aux animaux, les enfants jouent pour acquérir des habiletés sociales, motrices, culturelles et cognitives nécessaires à leur adaptation à la société. Le jeu est donc la création naturelle d’un contexte indispensable pour se préparer à la vie “réelle”.

Et vous, comment jouez-vous avec votre enfant?

En grandissant, le besoin de jouer s’amenuise et prend une dimension nouvelle puisque une fois adulte, les habiletés nécessaires à notre adaptation à la société sont acquises (ou sont supposées l’être !). C’est pourquoi nous recherchons dans le jeu davantage le divertissement que l’apprentissage.

Pourtant, le jeu étant un canal de transmission essentiel pour les enfants, pourquoi s’en priver? Ne vaut-il mieux pas rire ensemble dans une partie de jeu endiablée plutôt que de faire des “leçons” avec du “matériel Montessori”?

Soyons attentif.ve à notre posture de jeu car c’est elle qui révèle nos valeurs profondes, et une fois lancé.e dans la partie le naturel revient au galop ! On a beau avoir répété que l’importance de participer prime sur l’importance de gagner, notre enfant n’est pas dupe. Il saura déceler dans nos comportements ce qui nous stimule: l’enjeu, le résultat, la compétition ou alors la coopération et le rire.

Bon ou mauvais perdant, le contexte que vous créez

Nul besoin d’attendre la fin d’une partie pour se révéler bon ou mauvais perdant. On a beau vouloir dissimuler l’indifférence si l’on perd, il est déjà trop tard, car c’est l’énergie que nous déployons tout au long du jeu que notre enfant perçoit.

Nous sommes potentiellement transmetteur des valeurs d’adversité également dans toutes les situations de vie qui s’offrent à nous: le sport que l’on pratique mais aussi dans les relations que nous entretenons avec nos collègues ou les membres de notre famille et nos ami.e.s.

Envisager d’autres possibilités

Les règles d’un jeu peuvent tout à fait être adaptées selon un objectif que l’on se donne: on peut décider de se fixer un but commun et de l’atteindre ensemble pour gagner ensemble. On peut aussi décider de s’entraider le plus possible. Imaginer de nouvelles règles et de nouveaux objectifs est un moyen malin de s’amuser à jouer sans se focaliser sur l’unique objectif de remporter une partie. Le jeu devient création. Les règles sont faites pour être appliquées mais aussi pour être détournées, l’essentiel étant de détenir l’adhésion de tous les participants.

Prenez la liberté de jouer avec les situations de votre quotidien et de détourner les règles d’un jeu par plaisir. Votre inventivité et vos détournements sont tout aussi instructifs que le respect des consignes d’une règle énoncée. Osez sortir du cadre et inventez avec votre enfant.

Un exemple de détournement du jeu des Lettres codées, collection Koko Cabane, Marabout:

Le jeu des lettres codées tel que présenté dans le coffret, est accompagné d’un livret pour coder et décoder des mots et des phrases. Il est possible de dépasser les propositions qui vous sont faites en utilisant le jeu dans un autre contexte, par exemple, vous pouvez utiliser ce jeu pour organiser une chasse au trésor chez vous en laissant des indices codés tout au long du parcours.

Gagner n’est ni bon ni mauvais

Gagner ou perdre à un jeu ne définit pas qui l’on est, ce n’est ni bon ni mauvais, d’autant que de nombreux jeux sont soumis au facteur chance. On peut en outre tout à fait perdre une partie mais avoir beaucoup appris, le gain est donc situé ailleurs que dans l’issue de la partie. Gagner est important pour soi lorsque l’on se fixe des objectifs personnels de vie, dans une discipline pour laquelle on veut pratiquer la compétition. On peut néanmoins être compétitif ET coopératif, la compétition ne résidant pas dans le fait de se confronter aux autres mais à soi-même pour se surpasser.

La joie est la voie

Que ce soit dans le jeu ou la compétition, la joie que l’on ressent et que l’on partage est l’essence qui justifie une pratique. Une pratique de jeu, ou d’une quelconque discipline (sportive, artistique…), que l’on apprenne, que l’on se perfectionne ou que l’on se divertisse, doit se faire dans la seule motivation de la joie. Les enfants sont tout naturellement guidés par la joie pour leurs apprentissages et leurs jeux, elle est leur moteur. Nos automatismes d’adultes peuvent hélas parfois leur faire oublier cette voie instinctive au profit du résultat.

Et si pour une fois on calquait nos comportements sur ceux de nos enfants?

*Pierre Garrigues, Enfances & Psy, 2001